mercredi 7 septembre 2011

Sur la route et à la recherche d’un boulot. (1/2)


Bonjour à tous, j’espère que par-delà les océans tout se passe bien pour vous. Si c’est le cas : « Cheers », sinon comme disent les Australiens : «No worries !!! »

Alors commençons par le commencement. Il était une fois… Non trop classique. Once upon a time… (C’est mieux, ça fait plus couleur locale). Donc je vais vous raconter l’histoire de mes derniers jours à Sydney jusqu’à aujourd’hui.

En attendant l’arrivée de Cherryne (la copine de Pef), j’ai eu l’occasion de circuler dans le quartier de Kings Cross, là où se trouvait mon auberge. Il s’avère que c’est aussi là où se rencontrent beaucoup de backpackers. Certains arrivent, d’autres décollent et quelques-uns sont seulement de passage. Cela devient un lieu d’échange, et de marché. Là vous trouverez des histoires plus invraisemblables les unes que les autres.  C’est donc dans Victoria Street que quasiment tout se passe et notamment la revente des vans, voitures ou 4x4. 

Tous les jours, ou presque, je passais par cette rue pour aller me balader. Évidemment, j’écoutais et regardais ce qui s’y faisait. Je devais effectivement m’acheter un moyen de locomotion mais pas forcément sur de quoi et, surtout, ce n’était ni une urgence ni une priorité car je devais en théorie aller avec Pef et Cherryne dans leur « station wagon Futura » (sorte de gros break Ford). Puis un soir, je suis tombé sous le charme d’un petit engin qui a tout de suite attiré mon attention. Un van Mitsubishi Express 2.0, année 1993, 252 000km. Pas très grand, de la gueule et un moteur refait à neuf au 213 000ème km. Oui je vous vois venir… : non ici en Australie les voitures de moins de 100 000km sont considérées comme neuves. Ici bizarrement les carrosseries souffrent beaucoup moins qu’en Europe. Ce n’est pas choquant de voir rouler des véhicules avec plus de 350 000km. Et pourtant ce ne sont pas des poubelles roulantes, loin de la ! Pour les véhicules de plus de 5 ans, les contrôles techniques sont obligatoires à chaque renouvellement de « Registration », l’équivalent tout inclus, de la carte grise, de notre ancienne vignette, de l’assurance au 1/3, et le dit contrôle technique. De son petit nom « Rego », celle-ci peut être valable de 6 à 12 mois. Cela dépend de vos finances !  

Bon aller, sans plus attendre je vous montre une ou deux photos de la bête.





 
Donc comme vous pouvez le voir, la bestiole a un peu tout le confort : lit, cuisinière au gaz, deux places à l’avant, le volant à droite, glacière, vaisselles, etc. Puis caché sous le lit : deux énormes rangements, avec sacs de couchage, deux chaises de camping à papa (à papa car il y a même les porte-bières intégrés aux sièges : grand luxe !), tente, et plus de 30 litres d’eau d’autonomie. Bref tout confort. Le seul hic, c’est que ma valise ne passe pas dans les rangements du dessous. Elle est trop large. Mais bon je lui ai trouvé un autre rangement.

Ça c’est le maitre mot du van : le Rangement. Ici tout doit avoir une place attitrée sinon c’est une galère sans nom ! Perso je commence petit à petit à trouver des endroits logiques et pratiques où ranger les choses, mais il n’en reste pas moins vrai que c’est assez rapide de perdre un truc, de poser ses clefs quelques parts et de mettre 25 minutes avant de les retrouver. Alors moi qui suis bordélique de nature, il va falloir que je me discipline.

Alors reprenons le cours de l’histoire… J’ai acheté  le van et après avoir fait tous les papiers nécessaires, ainsi que quelques réparations sur l’engin (notamment une boite de vitesse neuve), nous avons enclenché la première, le mercredi 31 août, et fait route au nord direction la Hunter Valley. Dans un premier temps nous avions décidé d’aller au sud vers Melbourne, mais nous avons changé d’avis en pensant qu’au nord il y aurait plus de taf.

OUPS, j’allais oublier, lors du départ je contrôle un peu tout le véhicule, ouvre la porte avant passager, et bingo !, qu’est-ce que je vois sur le socle du retro :



Sacrée bestiole c’te chose la ! Belle araignée de la taille de ma paume de main ! Mauvais présage ? Bon augure ? Bon n’en parlons plus elle a finie sous ma chaussure… brrrrr à savoir si elle était dans le van ou alors qu’elle est tombée d’un arbre… ça on ne saura jamais !

Bref nous voilà lancé sur les routes. Pour ma part la conduite à gauche est une grande découverte. D’autant plus que je pensais que les priorités s’inversaient, et que du coup elle était à gauche. Et bien il n’en est rien, la priorité reste à droite. Assez troublant aussi les ronds-points… voir venir de la droite au lieu de la gauche ça change. Mais dans cette nouvelle découverte j’ai eu la tâche aisée car je suivais la voiture de Pef. Donc pas trop de soucis de placement, tout comme un mouton, je suivais. Et puis étant en mode économie on n’est pas allé bien vite. Entre 80 et 90km/h. C’est confortable, on a le temps de regarder les paysages, d’apprécier la Road et de se faire klaxonner par les supers Trucks (camions) lancés à toutes berzingues !




Après 150 ou 200 km, nous voilà arrivés dans la Hunter Valley. C’est l’une des premières régions viticole de l’Australie. Alors je n’ai pas les détails sur celui-ci, mais je sais qu’ils font de l’assez bon vin.


Parlons deux secondes des vins Australiens. Bon je ne suis pas le plus grand connaisseur de vin, mais il semblerait qu’ils aient oublié que le vin pouvait vieillir. Il y a très peu de vin de garde. Tout est à boire dans les 2 ou 3 ans après la vinification. Les structures de leurs assemblages sont relativement simples, et cela permet au plus grand nombre de connaisseurs, ou de méconnaisseurs, de s’y retrouver. À noter que le connaisseur risque de se lasser assez vite. Et ce, même après avoir été visité une cave, et avoir gouté parmi leurs meilleurs vins, il faut dire que leur vin n’est pas fait pour se garder.  Il existe certainement quelques vignobles où l’on fait du vin de garde, mais ce n’est pas dans les coutumes et les us locaux. Le vigneron nous confiait que son vin était destiné au marché britannique et que là il fallait de la fleur, du fruit et de la fraicheur.

C’’est au cours de cette visite que j’ai vu mon premier Kangourou sauvage. Bon, pas de photo car il était trop loin. Et puis je n’ai pas encore réussi à en prendre un en photo. Les seuls que j’aurais pu étaient morts écrasés sur le bord de la route. Et là par contre je n’en ai pas vu qu’un seul. Des aussies (Australiens) nous ont confiés que c’étaient une source d’accident très fréquente en Australie. La nuit si vous n’avez pas de parbuffle, inutile de risquer votre voiture. Car taper dans un mâle de 2 mètres, même à 80km/h, autant vous dire que cela fait des dégâts. Une rumeur circule aussi sur un Kangourou qui aurait tué un homme. Après avoir heurté l’animal, celui est venu s’encastrer dans le pare-brise avec les pattes à l’intérieur du véhicule. Étant encore en vie et pris de panique, le kangourou a donné des coups des pattes pour essayer de s’échapper. Le malheureux conducteur qui se trouvait bloqué par sa ceinture, est mort sous les coups de pattes de l’animal. Au fait qui m’en avait demandé un avant de partir ? Toujours preneur ?

Bon allons continuons notre route, qui est tout de même plus gaie que cette histoire de Kangourou…
C’est ce soir là où j’ai pour la première fois dormi dans mon van. Pas très rassuré car il faut savoir qu’ici il n’est pas autorisé de dormir dans son moyen de locomotion en dehors des « caravan park », campings en d’autres termes. Vous risquez une belle amende. J’ai décidé de braver l’interdit et de dormir dans une petite rue à l’arrière de l’hôtel ou Cherryne et Pef avait pris leur quartier. Bon il ne m’est rien arrivé et pas d’amendes non plus. De plus, comme la surveillance de l’hôtel laissait a désirer, j’ai pu me prendre une douche. Ah oui ça c’est ce qui manque dans un van, la douche !!!  Bref soirée sympa, mode sandwichs, et vin australien. Et là, en rentrant à mon van, j’ai pu admirer les étoiles. Je dois vous dire que je n’avais jamais vu aussi bien les étoiles. En Europe nous somme pollués par la lumière la nuit. Il y a tant d’éclairage public qu’il devient difficile d’admirer le ciel. Et bien ici c’est le ciel qui vous éclaire !

Le lendemain nous avons quitté la Hunter Valley pour aller plus au Nord et nous arrêter dans la ville de Quirindi. Nous n’avons fait qu’un saut de puce car nous voulions faire un tour sur le net histoire de trouver de quoi travailler. Pef et Cherryne se sont arrêtés au premier hôtel à l’entrée de la ville. Enfin au début on croyait que c’était le centre-ville, mais en fait cde n’était que les abords. Bref ils prennent leur chambre et s’entendent dire que ce soir pour le jour du printemps : barbecue gratuit, offert par la maison. Génial ! En plus j’aurai droit de cuire mes saucisses. (Parenthèse, oui ici les changements de saisons se font le premier du mois)

 Bon on commence la soirée, super sympa, avec que des gens du coin. On boit, on ris, on échange, on mange, on remange, soit dit en passant mes saucisses sont restées dans la glacière de mon van et je n’ai pas déboursé un centime pour la nourriture. Invité par la maison !!! Le cuisto est sympa, il est associé dans cette affaire avec sa sœur et son beau-frère. Des gens généreux et vraiment accueillants. La soirée continue et l’on continue à fêter le printemps. Et je commence à sentir les bras de Morphée m’attirer à lui. Je commence à dire au revoir et le patron de me dire : «  comment ça tu vas dormir ? où ? dans ton van ? ahhh non alors ! pas question ! bois un coup, et ce soir tu es l’invité de l’hôtel ! ». Me voilà donc installé dans une chambre… Super sympa ce patron… bon du coup on continue un peu la soirée, et j’avais besoin de récupérer quelque chose dans mon van. Je commence à sortir et là le patron toujours aussi gentil me propose de m’accompagner. Ok en avant, je monte dans mon van récupère ce que je devais récupérer et là, je sens que l’on me caresse la jambe !!! Ah non non non, la bibise d’accord, mais pour le reste pas d’accord !!! Je lui dis que j’ai une copine, que je ne suis pas gai. Il s’excuse et tout s’arrête la ! Ouf ! J’ai failli m’en prendre une sévère ! Bon ça n’a pas été plus loin et cette gentille monsieur s’est bien tenue !

Réveil assez difficile, le vin blanc australien fait décidément plus de mal aux cheveux que le vin français ! Bon, nous avions décidé de bifurquer vers la mer, car nous avions vu que sur la cote ils recherchaient des pickers de blueberry (ramasseur de myrtille). Nous prenons donc la direction de Coff Harbour. Là le voyage a été vraiment superbe, avec de jolies routes de montagne, de la verdure, des arbres, des pâturages… brefs superbes. Voici quelques photos !










 
Le soir nous sommes donc arrivés à Coff Harbour. Aucun intérêt au niveau touristique. Là nous avions prévu de faire un barbecue. Ici dans les jardins publics vous avez des barbecues électriques ou à gaz à discrétion. Nous en avons trouvé un, mais le temps que nous préparions nos provisions, tout un groupe de personne est venue s’y installer. Pef est allé demander s’il était possible d’utiliser une partie des plaques, et la personne lui a répondu qu’il allait faire pas mal de chose mais que ça devrait se faire. On lui a alors dit que l’on pouvait attendre. Bref le temps passe, et le groupe finit par une bonne quinzaine de personnes. Ok, le temps passant nous commencions à nous demander quand est-ce que nous pourrions enfin nous faire à manger !  15 minutes passent, et l’un des jeunes vient nous voir en nous disant, pas de problème venez manger avec nous, il y aura trop de nourriture alors barbecue gratuit pour vous si vous le souhaitez… Attends là, deux fois de suite barbecue gratuit… ? mais c’est quoi ce pays de rêve ? Bon on accepte, on se joint à eux, et la chose étrange : il y avait un peu de tous les âges, des gens bien habillés, d’autres moins… bon… Le cuistot fini de cuire les saucisses et commence : «  Je tenais à vous parler un peu de Jésus… » Et mince on se rend compte que l’on est invité par une association remplaçante de l’armée du salut ! Damned ! heu non surtout pas ! Alléluia ! Oui non avons donc partagé le repas des nécessiteux de Coff Harbour. Et bien on a passé une soirée vraiment sympa. On a pas mal discuté avec deux étudiants qui avaient participé à l’organisation du repas. Des presbytériens, purs et durs, mariés à 19 ans et surtout religieusement prolixes… Enfin bref très très intéressant !

Bon sur ces bonnes paroles, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui ! Je vous garde de la substance pour la prochaine fois.

Bises de cette partie du monde